Lemandatexpress – Zanga Coulibaly est à l’initiative de l’Alliance de la jeunesse unie de Côte d’Ivoire (AJUCI). Figure bien connue de la société civile, il décline, dans cet entretien, la matrice d’actions de ce mouvement de soutien au RHDP et au président Alassane Ouattara. Qualifiant de dilatoires les agissements de l’opposition, le jeune leader affirme avec assurance la force de frappe du parti au pouvoir en vue de la présidentielle d’octobre.
Vous venez de lancer l’Alliance de la jeunesse unie de Côte d’Ivoire (AJUCI), un mouvement de soutien au président Alassane Ouattara et au RHDP. Quelles sont les motivations de cette initiative, sachant qu’il y a bien d’autres mouvements qui existent déjà ?
Vous savez que nous sommes dans un contexte particulier. La Côte d’Ivoire est à l’orée de l’élection présidentielle de 2025. Il est important que nous puissions, avec l’expérience que nous avons acquise en tant que président de mouvement, en tant que responsable d’organisation de la société civile, apporter notre contribution de manière significative pour la conservation du pouvoir d’État par le RHDP. Le contexte s’y prête. Après près de 15 années passées à la tête de la Côte d’Ivoire, Ivoiriennes et communautés internationales, tous reconnaissent la gouvernance du président Alassane Ouattara comme une plus-value en termes de stabilité et de développement. L’AJUCI a pour intention immédiate de faire de l’Ivoirien lambda un militant du RHDP, de faire de l’Ivoirien sympathisant RHDP, militant du RHDP, de faire de ce militant du RHDP Ivoirien sympathisant, un électeur du président Alassane Ouattara.
Qu’est-ce qui va faire la particularité de l’AJUCI comparativement aux autres mouvements existants ?
L’AJUCI est un mouvement de proximité. Vous ne vous rendez certainement pas compte de l’importance d’être au contact avec la base, avec la population. Ceux-là-mêmes qui sont dans les familles, ceux-là mêmes qui sont dans les quartiers, ne savent pas beaucoup de choses. C’est pourquoi l’AJUCI dans sa démarche, en tenant compte de ce qui a été vécu déjà dans notre expérience, met en place un système pour rétablir la vérité sur la gouvernance du président Alassane Ouattara à l’Ivoirien qui doute ou qui est intoxiqué. Il faut donc aller, dans le pré-carré de chacun, afin qu’il puisse comprendre que l’intérêt immédiat de la Côte d’Ivoire, c’est de permettre au RHDP et au président Alassane Ouattara de continuer à gouverner le pays. On connaît tous le premier bilan du président Alassane Ouattara, c’est d’avoir garanti la stabilité en Côte d’Ivoire. Ce qui permet aujourd’hui à ce que chacun puisse tranquillement vaquer à ses occupations.

Quels seront les grands axes que vous allez dérouler pour toucher cible ?
Vous voyez que nous sommes à quelques mois de l’élection présidentielle. Vous comprenez que nous travaillons à court terme. Le moyen terme viendra et le long terme viendra. A court terme, il faut toucher toutes les couches professionnelles et sous-professionnelles, toutes les faîtières autour de la vision du chef de l’Etat SEM Alassane Ouattara. Il y a des actions que nous menons, qui permettront de faire comprendre à l’Ivoirien lambda le bénéficie de la gouvernance du président. Nous AJUCI, non seulement, faisons la promotion de ces actions bénéfiques dans la proximité, mais en même temps, nous donnons la bonne information à toutes ces faîtières. A ce titre, nous étions avec les transporteurs le samedi 10 mai à Abobo. Nous avons plusieurs rencontres sectorielles pour rétablir cette vérité et pour dire aux uns et aux autres de comprendre les questions d’actualité du moment pour rétablir cette vérité, parce qu’il y a beaucoup d’intoxication et de manifestation de la part de l’opposition.
Lors de votre rencontre avec les transporteurs d’Abobo, ces derniers ont émis un vœu : que le président ne dise pas non à la candidature. Personnellement que dites-vous concernant la candidature du président de la République à l’élection à venir ?
A la demande générale, et je pense que les transporteurs ont apporté leur grain de sel, toutes les régions de Côte d’Ivoire, certaines faîtières que nous connaissons, le travail du président de la République a été reconnu. M’associant à cette grande demande, je souhaite personnellement que le Tout-Puissant puisse le garder en pleine forme pour continuer à travailler pour la Côte d’Ivoire. C’est un sacrifice qu’il a fait pour la Côte d’Ivoire, parce qu’avec toute la grande expérience qu’il a, avec l’âge, qui n’est pas un défaut, mais avec le travail et l’expérience qu’il a eue, le président de la République devrait bénéficier d’une retraite. Mais vous voyez qu’en 2020, le président de la République a été, je pense, le seul président en exercice à avoir désigné un successeur. C’est ce qui ne manque pas. Il peut le faire, mais pour la Côte d’Ivoire, parce qu’il aime la Côte d’Ivoire, parce qu’il sait le niveau auquel il a positionné la Côte d’Ivoire, il comprend la volonté du peuple de la Côte d’Ivoire de continuer à servir la nation en tant que candidat du RHDP.
Et pourtant l’opposition insiste et persiste, en disant que ce mandat, c’est le quatrième, et qu’il sera de trop voire anticonstitutionnel. Qu’est-ce que vous répondez ?
Je dis simplement que l’opposition n’a pas d’argument. L’opposition n’a pas de projet véritable à proposer aux Ivoiriens, si ce n’est que s’attarder sur ce qui a été constitutionnellement validé. Et la Côte d’Ivoire repose sur des institutions fortes. Le président Alassane Ouattara est à sa deuxième candidature sous la troisième République. Il faut qu’on aille au-delà des débats de salon. Les choses sont claires et nettes. Les règles du jeu permettent au président de la République d’être candidat en 2025.
L’opposition pointe également l’inéligibilité de certains leaders d’opposition, notamment Thiam, qui, pour l’instant est radié de la liste électorale. Le RHDP est accusé à tort ou à raison de manœuvrer pour exclure ses adversaires les plus coriaces. Pour vous, ces critiques touchent-elles le parti houphouëtiste?
Et en tant que parti politique, le RHDP est dans son rôle. En tant que gouvernant, le gouvernement est dans son rôle. Je voudrais, sur la question de Tidjane Thiam, demander au PDCI de savoir raison garder, demander à ce grand parti, qui a gouverné la Côte d’Ivoire pendant 40 ans environ, de donner le bon exemple, de mériter d’être le parti du président Félix Houphouët-Boigny. Le président Thiam, président du PDCI-RDA, est un aventurier politique. C’est son impréparation, son amateurisme, qui le met dans ses déboires judiciaires. Il gagnerait à mettre de l’ordre au PDCI. Le PDCI dirigé par Houphouët-Boigny prônait le dialogue au sein du parti et en Côte d’Ivoire. Le PDCI dirigé par les président Bédié prônait le dialogue. Ce n’est pas à celui qui se réclame d’être le petit-fils de Félix Houphouët-Boigny de ternir l’image de ce grand parti. Je dis à tous ceux qui suivent Tidjane Thiam de voir les choses en face parce qu’il a commis des impairs qui l’empêchent d’être candidat. Qu’ils disent la vérité à leurs militants que, Tidjane Thiam, majeur, a contracté une autre nationalité (française). Dès lors, une loi de 1961 (l’article 48 du code de la nationalité) compromet son inéligibilité à l’élection présidentielle de 2025. C’est ce qui est la vérité. Sinon personne ne conteste la nationalité ivoirienne de Tidjane Thiam. C’est maintenant qu’il a été libéré de son allégeance à la France, qu’il doit pouvoir s’inscrire normalement sur une liste électorale pour prétendre être candidat à l’élection présidentielle de 2025. Mais la CEI nous a démontré techniquement, devant l’opinion nationale et internationale, qu’elle n’est pas en capacité d’organiser une révision des listes électorales avant le scrutin d’octobre 2025. Nous pensons qu’à un moment donné, les émotions vont disparaître et la raison va prendre le dessus.
Tout comme Thiam, il y a Laurent Gbagbo, Guillaume Soro et Blé Goudé qui restent inéligibles en raison d’une condamnation par la justice ivoirienne. Est-ce que finalement, on ne s’achemine pas vers une élection, où le RHDP irait pratiquement en roue libre ?
Je vais repartir un peu en arrière, parce qu’il faut que les gens comprennent le jeu démocratique. Il faut qu’on sorte des principes et des émotions. En 2018, le PDCI, qui était au sein du RHDP, quitte le groupement. En 2018, on a dit que c’est une demi-finale, avant la finale en 2020. Nous allons aux élections locales. Avec toute cette grande motivation, avec tout cet âge du PDCI, il a été battu aux élections municipales. Aux élections régionales, le PDCI est battu par le RHDP. En 2020, le président Henri Konan Bédié était initialement candidat à la présidentielle ; le président Affi N’guessan était également candidat. S’ils ne sont pas allés aux élections, c’est parce qu’ils avaient pressenti leur défaite. Le peuple avait démontré en 2018 qu’il était pour le projet du RHDP avec le président Ouattara. Quand on finit et qu’on règle les problèmes du Conseil National de Transition, qu’on règle les problèmes de la désobéissance civile, on revient dans le jeu politique, en 2021, à la faveur des élections législatives. Si comme le boycott actif et le troisième mandat, selon eux, étaient en défaveur du RHDP, ils auraient gagné les élections législatives. Mais le peuple ne l’a pas vu comme ça. Le vrai peuple qui connaît la vérité, qui travaille bien avec le président Ouattara, a voté majoritairement pour les députés du RHDP, et le RHDP est majoritaire à l’Assemblée nationale. On peut dire qu’ils ont peut-être été un peu surpris, mais je reviens encore en 2023. En 2023, Laurent Gbagbo est rentré en Côte d’Ivoire. L’effet Gbagbo devrait donc bouleverser les choses. Vous avez vu la cartographie ? Le RHDP est encore majoritaire, communes, comme conseils régionaux. Qu’est-ce qu’on veut ? En 2023, le PDCI a compéti aux élections locales. On nous a même dit qu’avec le décès du président Bédié, cela devrait concourir à une solidarité du peuple de Côte d’Ivoire à voter majoritairement pour les candidats du PDCI et surtout avec l’arrivée de Tidjane Thiam qui pointait à l’horizon pour pouvoir prendre la tête du parti. Les deux mis ensemble, le RHDP est sorti majoritaire. C’est ça la réalité en Côte d’Ivoire. Ce ne sont que des arguments pour ne pas aller à l’élection présidentielle. L’élection présidentielle de 2025 reste une élection inclusive. Aucun parti politique n’a été empêché d’avoir un candidat. Ce sont les candidats proposés par les partis politiques qui ont des problèmes avec les institutions de Côte d’Ivoire. Si tel est que le parti politique est bien organisé et qu’on ne parle pas du « moi » aujourd’hui et qu’on parle du « nous », surtout que l’exemple sénégalais nous l’a démontré, je pense que l’effet Tidjane Thiam avec un candidat qui est éligible à la tête du PDCI doit pouvoir interagir sur le choix des électeurs en Côte d’Ivoire. On attend aussi ça de lui. Il en va de même pour le président Laurent Gbagbo. Jusqu’à preuve du contraire, il n’est pas sur la liste électorale car condamné par la justice. Moi, à la place de Laurent Gbagbo, comme le cas du Sénégal, je demande à ce que les militants du PPA-CI et le peuple de Côte d’Ivoire puissent voter un cadre auquel j’ai confiance. C’est ça aussi la grandeur. Il ne faut pas être demandeur d’un côté. Il faut aussi poser les actes qui vous font entrer dans l’histoire.
Vous voulez dire que, quel que soit le candidat en face, le RHDP va triompher à l’élection d’octobre prochain ?
Le RHDP est prêt à battre n’importe quel candidat du PDCI, n’importe quel candidat du PPA-CI et des autres partis politiques de la Côte d’Ivoire. Nous n’avons pas peur parce que nous sommes préparés. Parce que, pendant la révision de la liste électorale, le RHDP a adopté une méthode scientifique. Nous avons fait un pré-enrôlement de nos militants, de nos électeurs. On a fixé des objectifs à chaque région politique, à nos préfets politiques. Nous savions que nous nous attendions à tel nombre d’inscrits sur la liste électorale. C’est une démarche scientifique. Mieux, depuis 2021, on sait au moins qu’en 2022, il y aura une révision. Pourquoi est-ce que ces partis politiques n’ont pas préparé ces révisions de liste électorale ? Ou bien le peuple de Côte d’Ivoire n’a plus de confiance en eux ? Je reviens encore en arrière parce que c’est l’histoire du pays. En 2009, quand les trois partis politiques, le RDA, le FPI et le PDCI, ont lancé l’opération de révision de liste électorale, à 4 heures du matin, les centres d’enrôlement étaient pris d’assaut par les Ivoiriens. Parce qu’ils étaient motivés pour le changement à Côte d’Ivoire. Mais pourquoi, au tour du RHDP qui est au pouvoir, quand on lance de telles révisions, les gens ne sont plus motivés ? Je vais vous dire la vérité. Le président Alassane Ouattara dépasse sa gouvernance en rassurant le peuple de Côte d’Ivoire. Ce n’est plus la politique qui est le problème, c’est leur bien-être.
Entretien réalisé par Martial Galé


