Lemandatexpress – À un peu plus de quatre mois de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, les tensions verbales montent dans les rangs de l’opposition. Mais pour Alain Lobognon, ancien ministre et ex-député de Fresco, ces prises de parole alarmistes relèvent davantage d’une stratégie politique que d’une véritable inquiétude pour le processus démocratique.
Dans une déclaration publiée sur son compte X ce dimanche 8 juin, l’ancien ministre des Sports a vivement réagi aux propos tenus par Laurent Gbagbo lors de son meeting à Petit-Bassam, se disant prêt pour la bagarre. Il critique ce qu’il qualifie de « discours belliqueux », non seulement de la part du fondateur du PPA-CI, mais de l’ensemble de la classe politique d’opposition.
« Rien ne justifie d’effrayer les Ivoiriens avant l’élection présidentielle pour ensuite se précipiter à faire élire des députés », a fustigé Alain Lobognon, dans une attaque frontale contre une pratique politique qu’il juge incohérente et opportuniste.
Lobognon ne se contente pas de critiquer : il propose une réforme audacieuse. Pour mettre fin aux stratégies de boycott ponctuelles souvent utilisées par certains partis comme levier de pression, il recommande de constitutionnaliser l’obligation de participation aux élections générales.
Selon lui, cette mesure aurait pour effet d’écarter des échéances électorales — présidentielle, législatives, régionales, municipales et sénatoriales — les partis qui choisissent délibérément de boycotter l’un de ces scrutins. Il y voit une manière de moraliser la vie publique et d’assurer une stabilité démocratique durable.
« Le Législateur ivoirien gagnerait, après ce scrutin présidentiel, à constitutionnaliser l’obligation de participation des partis politiques aux élections générales », insiste-t-il.
Un appel à la retenue et à la confiance
Tout en condamnant les discours qu’il juge irresponsables, Alain Lobognon se veut rassurant sur le climat politique. Il affirme avec assurance que l’élection présidentielle du 25 octobre 2025 se tiendra sans encombre, dans un climat apaisé et avec des candidats remplissant toutes les conditions d’éligibilité.
Il rappelle par ailleurs que les joutes verbales ne sont pas nouvelles et évoque des précédents historiques — notamment le cas du Front républicain en 1998 — pour relativiser l’ampleur des déclarations actuelles.
Enfin, revenant sur la candidature du président Ouattara en 2020, il déclare : « À titre d’information, en 2020, le Conseil constitutionnel n’avait pas validé la candidature du Président Alassane Ouattara en se référant au décès du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Si vous l’ignoriez, vous le savez désormais.»
La sortie d’Alain Lobognon s’inscrit dans une volonté de recentrer le débat politique sur la crédibilité des institutions et la responsabilité des acteurs. À l’approche de la présidentielle, son appel à bannir la peur et à sanctionner les stratégies de retrait électoral relance la réflexion sur la maturité démocratique de la Côte d’Ivoire.
M.Galé
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