Steve Beko (PPA-CI) réagit à l’invalidation de la candidature de Gbagbo : « Face à cette énième injustice, nous n’avons pas le droit de céder au découragement »

Lemandatexpress – Lago Fabrice, Secrétaire national technique du PPA-CI, a réagi à la liste définitive des candidats à la présidentielle. Celui qui se surnomme Steve Beko maintient la flamme de la contestation politique.

C’est malgré lui que cette figure juvénile du PPA-CI essaie d’admettre le verdict du Conseil constitutionnel, marquée après l’invalidation de la candidature dont celle de Laurent Gbagbo. Aussi, Steve Beko, dans sa publication sur Facebook, suite à l’arrêt de la juridiction compétente, exprime une volonté inextinguible de défendre les principes d’ « un peuple debout, qui refuse la soumission. »

La déclaration de Steve Beko

« Ils sont une centaine de jeunes à mes côtés. Certains depuis quelques années, d’autres depuis quelques mois. Ils m’ont fait l’honneur de me choisir comme « mentor ». Et toutes les fois qu’ils s’inquiétaient de la présidentielle, je leur répétais qu’à l’âge que nous avons, un homme doit défendre des principes. Le temps viendra, s’il le faut, pour la politique politicienne. Mais pour l’instant, ce sont les valeurs et les principes qui doivent demeurer les maîtres mots de notre action.

C’est pourquoi nous avons combattu l’injustice faite au président Laurent GBAGBO, dont l’exclusion de la liste électorale n’est rien d’autre qu’une manigance politique.

Depuis hier, nos adversaires jubilent. Ils croient avoir réglé une question politique par un simple trait de plume. Ils pensent qu’en écartant la candidature de Laurent GBAGBO, ils effacent son combat, son héritage, sa légitimité. Mais l’Histoire enseigne une chose essentielle : on ne bâillonne pas un principe.

Laurent GBAGBO n’est pas seulement un homme politique. Il est le symbole vivant d’une lutte constante pour la démocratie, pour la souveraineté, pour le droit du peuple ivoirien à choisir librement ses dirigeants. Il a été insulté, diabolisé, emprisonné à La Haye, humilié. Pourtant, jamais il n’a renoncé à ses convictions. Parce qu’un principe, lorsqu’il est juste, vaut infiniment plus que le confort de quelques années de silence.

Aujourd’hui, en refusant sa candidature, ce n’est pas seulement Laurent GBAGBO que l’on cherche à écarter. C’est le droit. C’est la mémoire de nos luttes démocratiques. C’est la voix du peuple que l’on tente de museler. Mais faut-il le rappeler ? Chaque fois qu’on a voulu briser GBAGBO, il est revenu plus fort. Chaque fois qu’on a cru enterrer ses idées, elles ont germé dans le cœur des Ivoiriens.

Défendre GBAGBO aujourd’hui, ce n’est pas défendre un homme. C’est défendre la constance, la dignité, la fidélité aux principes. Car si nous acceptons que l’on piétine le droit, que l’on bafoue la démocratie, que l’on exclue des candidatures légitimes, alors demain, plus personne ne sera à l’abri.

Face à cette énième injustice, nous n’avons pas le droit de céder au découragement. Défendons les principes, non pour un homme, mais pour ce que nous sommes collectivement : un peuple debout, qui refuse la soumission.

L’Histoire n’appartient pas à ceux qui trichent avec les lois, mais à ceux qui demeurent fidèles à leurs convictions, quoi qu’il en coûte. C’est ce que GBAGBO nous a appris. Et c’est ce que nous devons transmettre.

Un principe trahi aujourd’hui devient une servitude demain. Une liberté défendue aujourd’hui, même dans l’adversité, devient une victoire pour tous demain.

Nous voici à la croisée des chemins. J’entends déjà plusieurs scénarios. On nous dit que l’opposition devrait s’unir autour d’un candidat. Pourquoi pas ? Il y a officiellement quatre opposants retenus. Essayons de nous unir autour de Madame Henriette Lagou.

Bonne chance aux candidats retenus. Quant à nous, jamais nous ne brûlerons la Côte d’Ivoire. Jamais nous ne rendrons ce pays ingouvernable. La direction du parti indiquera la marche à suivre, et nous nous y appliquerons, fièrement, toujours accrochés à nos principes et à nos valeurs.

Pour aujourd’hui, je préfère m’arrêter là. Je ne voudrais pas qu’on me vole ma télévision.

Il arrive que l’Histoire balbutie, mais elle n’arrête jamais de parler. »

Pour la présidentielle du 25 octobre en Côte d’Ivoire, cinq candidatures ont été retenues par le Conseil constitutionnel. Il s’agit de : Alassane Ouattara, Ahoua Don Mello, Jean-Louis Billon, Simone Éhivet Gbagbo, Adjoua Henriette Lago. Celles de Gbagbo, Thiam, Assalé ou encore Vincent Toh Bi ont été jugées irrecevables.

M. Galé

Lemandatexpress.net

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