Lemandatexpress – Fabrice Lago, alias Steve Beko, suit la ligne de Laurent Gbagbo (PPA-CI), décidé à ne soutenir aucun des quatre candidats de l’opposition à la présidentielle d’octobre. Pour lui, il faut rester ferme afin de préserver la discipline au sein des partis.
Dans une publication sur sa page Facebook, ce jeudi 18 septembre, le jeune cadre du PPA-CI a interpellé ceux qui estiment que son parti devrait « soutenir un tel candidat de l’opposition. Il faut que Gbagbo et Thiam s’entendent pour se ranger derrière ce candidat. »
« Et je pose toujours la même question : quel message serait envoyé à ceux qui, bien qu’ayant des ambitions présidentielles, sont restés fidèles à la discipline de leurs partis politiques respectifs et n’ont pas déposé de dossier de candidature ? À titre illustratif, Hubert Oulaye a une longue expérience ministérielle, un bastion politique où il a d’ailleurs été élu député. Bredoumy Soumaïla est porte-parole du PDCI et député de la nation. Il est aujourd’hui en exil », a fait observer le Secrétaire national chargé de la communication et du marketing politique du PPA-CI.
Steve Beko se demande s’il ne s’agirait pas d’encourager l’indiscipline et la trahison de l’esprit d’équipe, en demandant à ces militants disciplinés de faire campagne pour un candidat ayant choisi de rompre les amarres.
Il voit dans cette option une démarche suicidaire. Aussi s’interroge-t-il sur l’avenir d’un parti qui prendrait une telle décision. «Après la présidentielle viendront les législatives, et il faudra procéder à de nouveaux arbitrages. Comment convaincre alors ceux qui ne seront pas retenus de ne pas se présenter en indépendants ? N’est-ce pas ouvrir la voie à l’implosion du parti et à la remise en cause des principes et valeurs qui le fondent ? », questionne celui qu’on présente comme l’un des principaux débatteurs du PPA-CI face à l’opposition.
À la fin de sa réflexion, Steve Beko a souhaité une discussion « saine et sans injures ».
Les réactions n’ont pas manqué sous son post. Certains soutiennent sa position, tandis que d’autres dénoncent un manque de pragmatisme. « Nous ne sommes pas dans des plans. Ceux qui ne veulent pas suivre, ils sont libres d’aller créer leur parti politique, c’est aussi simple que ça », a écrit un internaute, allant dans le même sens que Steve Beko.
À l’inverse, un autre appelle à une approche différente : « Camarade, là je ne suis pas d’accord. À un moment donné, il ne faudra pas tout céder à l’adversaire », suggère Roland DP Ntakpe. Djessi Bograud renchérit : « Le boycott n’a jamais marché en Côte d’Ivoire. Je pense que l’opposition doit soutenir Ahoua Don Melo. Juste mon avis. Pas d’injures svp. »
Il faut rappeler que peu après, Steve Beko a adressé un message aux quatre candidats de l’opposition en lice pour le scrutin du 25 octobre : « Il y a officiellement quatre candidats de l’opposition retenus pour l’élection présidentielle à venir. Si les quatre s’entendent autour d’une seule candidature, nous userons de tous les moyens à notre disposition pour convaincre nos partis respectifs de soutenir le/la candidat(e) plébiscité(e) par les trois autres. »
En clair, pour lui, il appartient à ces leaders de l’opposition de montrer la voie à suivre : « Ils attendent de nous qu’on fasse preuve de dépassement de soi. Qu’ils nous donnent le bon exemple. C’est logique ! ». Pas sûr que les quatre candidats ( Simone Gbagbo, Don Melo, Jean-Louis Billon, Henriette Lagou) l’entendent de cette oreille.
Martial Galé


