Présidentielle 2025 : Pascal Affi N’Guessan appelle l’ONU à suspendre le processus électoral en Côte d’Ivoire

Lemandatexpress – L’opposant ivoirien Pascal Affi N’Guessan a lancé, ce samedi, un appel pressant au Conseil de sécurité des Nations Unies afin qu’il intervienne pour suspendre le processus électoral en cours en Côte d’Ivoire, estimant que celui-ci constitue une menace grave pour la stabilité du pays et de la sous-région.

S’exprimant à l’issue d’une rencontre à Abidjan avec Leonardo Santos Simão, représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, le président du Front populaire ivoirien (FPI) a salué l’engagement des Nations Unies, tout en réclamant une implication plus forte face à la crise politique actuelle.

« Nous sommes totalement d’accord avec le représentant spécial sur la nécessité d’utiliser toutes les voies légales pour éviter que ce processus électoral ne débouche sur des conflits graves comme en 2010-2011 », a déclaré Affi N’Guessan. « La situation actuelle est devenue plus dangereuse que celle de 2010-2011 et elle porte gravement atteinte à la sécurité sous-régionale », a-t-il alerté.

Une demande de résolution du Conseil de sécurité

Écarté de la présidentielle du 25 octobre pour insuffisance de parrainages, Affi estime que seule une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU peut contraindre les autorités ivoiriennes à reconsidérer le calendrier électoral et à ouvrir un dialogue politique inclusif.

« Nous exigeons que la question de la situation en Côte d’Ivoire soit portée devant le Conseil de sécurité afin qu’une résolution soit prise pour stopper le processus actuel », a-t-il insisté. L’ancien Premier ministre propose, en échange, l’ouverture d’un dialogue national réunissant les acteurs politiques et sociaux pour garantir des élections inclusives, transparentes et apaisées.

Une élection sous tension

Depuis la publication, le 8 septembre, de la liste définitive des candidats par le Conseil constitutionnel, plusieurs figures de l’opposition, dont Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam et Affi N’Guessan lui-même, ont été écartées. Cette décision a suscité de vives critiques dans la classe politique et la société civile, certains dénonçant une élection verrouillée en faveur du président sortant Alassane Ouattara, candidat du RHDP, dont la candidature a été validée.

Le gouvernement assure, pour sa part, que le processus respecte la Constitution et les lois électorales en vigueur. Mais à six semaines du scrutin, le climat politique tendu ravive les souvenirs douloureux de la crise post-électorale de 2010-2011, qui avait causé plus de 3 000 morts après le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite face à Alassane Ouattara.

« Nous sommes dans un environnement très compliqué, très difficile avec toutes les menaces que vous connaissez. […] Il faut que les Nations Unies aillent plus loin », a martelé Affi, soulignant l’importance de préserver les acquis économiques du pays et de maintenir la stabilité politique.

Une démarche dans le cadre des consultations onusiennes

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une série de consultations menées par l’ONU auprès des acteurs politiques ivoiriens, en vue de favoriser un scrutin crédible, transparent et apaisé.

Izou DIne

Partager cet article