Côte d’Ivoire : Les responsables du PPA-CI interpellent des policiers filmant leur siège, le parti dénonce un harcèlement

Lemandatexpress – Trois policiers en uniforme ont été aperçus ce mardi en train de filmer le siège du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), situé à Cocody Riviera Bonoumin. Une scène jugée inhabituelle qui a immédiatement suscité l’inquiétude des membres du parti fondé par l’ancien président Laurent Gbagbo.

Selon des témoins et des sources internes au PPA-CI, les agents de police ont sorti leurs téléphones pour filmer les locaux alors qu’ils passaient devant le bâtiment. Alertés par cette attitude, Koné Katinan, président du Conseil stratégique et politique du parti, ainsi que son deuxième vice-président, Damana Adia Pickass, se sont approchés des agents pour demander des explications. Une séquence vidéo montre un échange tendu mais verbal entre les responsables du PPA-CI et les policiers, qui ont finalement quitté les lieux sans incident.

Cet événement intervient dans un contexte particulièrement tendu pour le PPA-CI. Le même jour, deux cadres du parti, Dahi Nestor et Blaise Lasm, ont été présentés à un juge pour un éventuel transfert au Pôle pénitentiaire d’Abidjan (ex-MACA). Une autre figure du parti, Marie Odette Lorougnon, demeure retenue à la préfecture de police, tandis que d’autres responsables convoqués par le procureur de la République, Koné Barman, ont été relâchés après audition.

Lors d’une rencontre au palais de justice d’Abidjan-Plateau, le procureur aurait mis en garde les dirigeants du PPA-CI contre tout acte de nature à troubler l’ordre public. Une mise en garde que Damana Pickass a qualifiée de « rappel ferme » mais ambigu, soulignant : « Vous êtes les défenseurs de la loi, qu’est-ce qu’on peut faire contre vous. »

Dans un communiqué officiel, le PPA-CI a dénoncé un « harcèlement politique » et affirmé que la présence de policiers devant son siège s’apparente à une « stratégie d’intimidation et d’espionnage ». Le parti accuse les autorités de vouloir museler l’opposition à l’approche de la marche pacifique prévue ce samedi 4 octobre à Abidjan, coorganisée avec le PDCI-RDA, dans le but de réclamer un dialogue politique et des élections « inclusives et transparentes ».

À ce jour, aucune déclaration n’a été faite par les autorités sécuritaires ou judiciaires sur l’incident devant le siège du PPA-CI ni sur les procédures visant ses responsables.

Izou Dine

lemandatexpress.net

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