Côte d’Ivoire : la psychose en mondovision, l’arme inopérante du Front commun

Lemandatexpress – À quelques jours de l’élection présidentielle, la tension politique monte d’un cran en Côte d’Ivoire. Face à la candidature d’Alassane Ouattara pour un quatrième mandat qu’il juge « illégal », le Front commun de l’opposition semble avoir trouvé son terrain de bataille : les réseaux sociaux.

Entre appels à manifester et campagnes de désinformation, les partisans de Laurent Gbagbo et de Tidjane Thiam multiplient les publications alarmistes. Sur Facebook notamment, des images récentes ou sorties de leur contexte sont massivement relayées, dessinant le portrait d’un pays au bord de l’explosion.

La foire aux manipulations

C’est une véritable foire numérique où s’activent des figures bien connues de la galaxie cybermilitante ivoirienne – Souleymane Koné Gbagbo, Souley de Paris et bien d’autres. Ces influenceurs politiques rivalisent d’imagination pour maintenir leurs communautés dans une bulle de peur et de défiance. Chaque publication, chaque vidéo, chaque montage vise à renforcer une idée : celle d’une Côte d’Ivoire en crise permanente.

Dans cette optique, ils ont inondé la toile, ce lundi 20 octobre, avec les vidéos de manifestations en provenance de Diegonefla-Oumé, de Guiglo, d’Agboville etc.

Mais cette stratégie, aussi bruyante soit-elle, montre déjà ses limites. Car au-delà du vacarme virtuel, la majorité des Ivoiriens semble davantage préoccupée par la stabilité du pays que par les mots d’ordre d’un front désuni.

La psychose comme arme politique

Dans un contexte électoral tendu, l’émotion devient une arme redoutable. En jouant sur la peur, ces activistes espèrent créer un climat de suspicion et de rejet autour du processus électoral. La moindre rumeur, amplifiée par la viralité des réseaux, se transforme en « vérité » partagée à grande échelle. Par exemple, la semaine dernière, Souleymane Koné Gbagbo affirmait que le Président Ouattara ne se rendrait pas au stade Félix Houphouët-Boigny au meeting des Jeunes. Il s’y est rendu et a été accueilli dans une liesse populaire.

En clair, cette stratégie s’avère inopérante à long terme. Les images truquées et les récits alarmistes finissent par se heurter à la réalité du terrain, où les populations aspirent à la paix et à des élections apaisées.

Vers une nécessaire hygiène numérique

Dans cette bataille de l’opinion, la vigilance citoyenne devient essentielle. Plus que jamais, les internautes doivent apprendre à vérifier, recouper, douter avant de partager. Car derrière chaque publication choc se cache souvent une manœuvre politique bien calculée.

À l’heure où la Côte d’Ivoire s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire démocratique, la véritable maturité politique se mesurera aussi dans la capacité des citoyens à ne pas céder à la peur… même lorsqu’elle se diffuse en mondovision. Grâce au GEPCI (Groupement des éditeurs de presse de Côte d’Ivoire), des journalistes ont été formés à prélude à ces élections de sorte à les prémunir contre les fake news, l’appel à la haine et la désinformation.

Le gouvernement, quant à lui, veille au grain. À travers le PLCC, tous les auteurs de messages subversifs sont dans le viseur de la justice. Une fois épinglés, ils tombent sous la rigueur de la loi.

Aziz Krah

Lemandatexpress.net

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