Lemandatexpress – président sénégalais Diomaye Faye a surpris la scène politique en nommant Aminata Mimi Touré à la tête de la coalition DiomayePrésident, en remplacement d’Aïda Mbodj. Une décision qui suscite de vives réactions, car perçue par plusieurs observateurs comme un désaveu à l’égard de son Premier ministre, Ousmane Sonko, qui plaidait ouvertement pour la reconduction d’Aïda Mbodj à ce poste.
Jusqu’ici, Diomaye Faye avait géré les polémiques avec calme et retenue. Ses silences face aux critiques, notamment après certaines nominations controversées ou les tensions durant la campagne législative, avaient renforcé son image d’homme mesuré. Mais cette fois, son communiqué officiel annonçant la nomination de Mimi Touré a marqué un tournant, constate seneweb.com
Pour plusieurs analystes, le président a commis une erreur de communication, rapporte le site d’informations sénégalais. En intervenant directement dans les affaires politiques de la coalition, alors qu’il avait pris ses distances du Pastef, Diomaye Faye brouille les lignes entre son rôle institutionnel et les logiques partisanes. Certains estiment qu’il aurait pu régler ses divergences avec Sonko en privé, sans étaler leurs désaccords sur la place publique.
Selon plusieurs spécialistes, cette nomination révèle aussi un possible conflit de leadership au sommet de l’État. D’après le politologue Moussa Diaw, elle laisse entrevoir une volonté du président de consolider sa propre base politique, voire de préparer un second mandat. D’autres, comme Babacar Ndiaye, s’interrogent sur l’utilité de raviver une coalition dont la mission semblait achevée depuis la victoire électorale du Pastef.
Pour l’heure, cette affaire illustre une première fissure dans le tandem Diomaye–Sonko, qui jouissait jusque-là d’une certaine solidité. Une tension naissante que le chef de l’État devra gérer avec tact pour éviter d’ouvrir une crise politique et institutionnelle prématurée.
M. Galé


