Affectation en ligne : Un dispositif clé de l’école ivoirienne en débat à Jacqueville

Lemandatexpress – Jacqueville accueille depuis le mardi 25 novembre, un atelier-bilan d’envergure nationale, consacré à l’orientation et à l’affectation en ligne des élèves en classes de 6e et de 2nde.

Pendant 4 jours, les acteurs clés du système éducatif ivoirien, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les représentants des parents d’élèves et des opérateurs télécoms, réfléchissent ensemble aux acquis, défis et perspectives d’un dispositif devenu central dans la modernisation de l’école ivoirienne.

Présidant la cérémonie d’ouverture, Mme Ogou Marie-Reine, Inspecteur général, Coordinatrice de l’administration et de la vie scolaire, a salué l’engagement de tous les acteurs et exprimé la reconnaissance du Ministère de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation (MENA), au nom de la ministre.

Elle a rappelé que ce dispositif d’orientation et d’affectation en ligne, initié en 2018 pour la 6e et étendu à la 2nde en 2022, constitue aujourd’hui une avancée majeure dans la dématérialisation des services éducatifs, la réduction des délais et la garantie de l’équité entre les élèves, quel que soit leur milieu d’origine. Les résultats de la session 2025 traduisent une adhésion massive des familles.

Ainsi, pour la 6e, ce sont, 444 182 élèves affectés sur 472 243, soit 94,05 % de réalisation. Pour la 2nde, ce sont 132 623 élèves orientés sur 163 137, soit 81,29 % de réalisation. Ces performances ont été rendues possibles grâce à l’accompagnement technique et financier de la Banque mondiale, via le PAGDS, partenariat qui prend fin en 2025. Dans son allocution, Stéphane Segali Yéwé,

Directeur de l’Orientation et des Bourses (DOB), s’est réjoui de ce bilan globalement satisfaisant, marquant l’appropriation progressive du système par les parents. « 95 % des parents affectent désormais eux-mêmes leurs enfants », a-t-il précisé, tout en soulignant la nécessité d’éviter tout « auto-satisfecit » et de travailler à l’amélioration continue de l’outil, notamment en matière de communication et de couverture réseau dans certaines régions.

Pour Bertin Akrou, Coordonnateur adjoint du PAGDS, le projet a permis de corriger une injustice longtemps décriée à savoir, le manque d’équité dans les affectations. « Ce n’est plus la main de l’homme, mais la plate-forme qui garantit l’équité, et les parents orientent eux-mêmes leurs enfants », a-t-il rappelé, insistant sur les progrès observés depuis 2019, avec des taux d’orientation numérique atteignant désormais 91 à 95 %. Mais après 7 années d’accompagnement, l’heure est désormais à la prise en main totale du dispositif par le MENA. Le retrait progressif du PAGDS impose la définition d’un plan national de continuité, raison d’être de ce séminaire.

Les travaux en ateliers portent sur plusieurs thématiques clés dont, la communication ; la plateforme et l’autonomie technique ; l’organisation et le fonctionnement ; la pérennisation et le financement. Mme Ogou a exhorté les participants à faire de ce rendez-vous « un espace de réflexion constructive », afin de proposer des solutions réalistes pour améliorer l’équité, la transparence, la fluidité du processus et le soutien aux familles. Elle a appelé à consolider le lien essentiel entre orientation scolaire et projet personnel de l’élève, pour que la technologie reste un véritable levier d’accompagnement éducatif.

Mathias Kouamé

Lemandatexpress.net

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