Côte d’Ivoire : Rétrospective d’une année 2025 entre tensions, « exclusions » et hégémonie du RHDP

Lemandatexpress – L ‘année 2025 restera gravée comme celle d’un tournant politique majeur. Marquée par l’absence des principales figures de l’opposition et la réélection écrasante d’Alassane Ouattara, elle s’est achevée sur une domination totale du parti au pouvoir au Parlement.

Dans cette édition, lemandatexpress.net met en avant les faits saillants de la scène politique nationale de 2025. Des événements qui auront parmi tant d’autres jalonné une année charnière.

Février – Mars : Le sacrifice de Tidjane Thiam

L’année débute sous le signe de la stratégie pour le président du PDCI-RDA. Le 7 février 2025, Tidjane Thiam dépose officiellement sa demande de renonciation à la nationalité française. Son objectif est clair : se conformer à l’article 55 de la Constitution qui exige qu’un candidat à la présidence soit « exclusivement » ivoirien. Le décret est entériné le 20 mars, semblant lever le dernier obstacle administratif à sa candidature.

Avril – Mai : Le couperet judiciaire

Le climat politique s’alourdit brutalement le 22 avril 2025. Le tribunal d’Abidjan ordonne la radiation de Tidjane Thiam de la liste électorale. La justice estime qu’en acquérant la nationalité française en 1987, il a perdu de facto sa nationalité ivoirienne d’origine. Malgré cette décision sans recours, le PDCI fait bloc : le 14 mai, lors d’un congrès extraordinaire, Thiam est plébiscité avec plus de 99 % des voix comme candidat unique du parti.

Juin – Juillet : L’union sacrée de l’opposition et le « oui » d’ADO

Face à ce qu’ils qualifient de « processus exclusif », les deux géants de l’opposition, le PDCI-RDA et le PPA-CI de Laurent Gbagbo, scellent un « front commun » le 19 juin. Ils exigent une réforme de la Commission Électorale Indépendante (CEI) et la réintégration de leurs leaders.

Presque simultanément, les 21 et 22 juin, le RHDP tient son congrès au stade d’Ebimpé. Le suspense prend fin le 29 juillet : Alassane Ouattara annonce officiellement sa candidature pour un autre mandat, invoquant des impératifs de stabilité sécuritaire et économique.

Août – Octobre : La rue et les urnes

L’été est marqué par la contestation. Le 9 août, des milliers de militants du « front commun » défilent à Yopougon sous une surveillance policière. Mais l’étau se resserre : le 8 septembre, le Conseil constitutionnel publie la liste définitive des candidats. Laurent Gbagbo (condamné dans l’affaire de la BCEAO) et Tidjane Thiam sont définitivement écartés. Une seconde marche de l’opposition, prévue le 11 octobre, est interdite et donne lieu à de nombreuses interpellations.

Le 25 octobre, le scrutin présidentiel se tient dans un calme relatif mais marqué par le boycott des principaux partis d’opposition. Le 27 octobre, la CEI proclame la victoire d’Alassane Ouattara avec 89,77 % des suffrages.

Décembre : Investiture et raz-de-marée législatif

Le 8 décembre, Alassane Ouattara prête serment au Palais présidentiel devant un parterre de chefs d’État. Il place ce nouveau mandat sous le signe de la « transmission générationnelle ».

2025 s’est achevée par un dernier acte politique fort : les élections législatives du 27 décembre. Le RHDP confirme son hégémonie en remportant plus de 77 % des sièges (soit 197 députés), tandis que le PDCI voit sa représentation divisée par deux (32 sièges). La Côte d’Ivoire entre, ainsi, en 2026 avec un paysage politique largement dominé par une seule force, laissant l’opposition complètement exsangue.

HILAIRE GUEBY

Lemandatexpress.net

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