CAN 2025 : Éléphants, une élimination en quart de finale qui révèle les défaillances du champion en titre

Lemandatexpress – La course au Graal de la CAN 2025 s’est arrêtée brutalement, ce samedi 10 janvier à Agadir, pour les Éléphants de Côte d’Ivoire. Battus par l’Égypte (3-2), les hommes d’Emerse Faé ont livré une prestation en demi-teinte qui met en lumière les limites, tactiques comme individuelles, du champion en titre.

Une fois encore, l’obstacle égyptien s’est dressé comme une muraille infranchissable pour la Côte d’Ivoire en phase finale de Coupe d’Afrique des Nations. Le bilan historique s’alourdit : onze victoires pour les Pharaons contre une seule pour les Éléphants. La logique, diront certains, a été respectée avec ce nouveau succès des coéquipiers de Mohamed Salah.

Mais au-delà des statistiques, cette élimination laisse un goût amer. Car les Éléphants avaient les moyens de faire mieux. Ils ont pourtant flanché à plusieurs niveaux, à commencer par la gestion tactique de la rencontre.

Faé pris au piège

Emerse Faé est tombé dans le piège parfaitement tendu par son homologue égyptien, Hossam Hassan. En stratège averti, ce dernier a aligné une équipe compacte en 4-3-1-2, disciplinée, évoluant en bloc bas et redoutable dans les transitions. Résultat : les Pharaons ont étouffé les Ivoiriens dès l’entame, ouvrant le score dès la 3e minute. Un coup de massue dont la Côte d’Ivoire ne se relèvera jamais vraiment.

Dans ce duel tactique, le sélectionneur ivoirien a clairement été mis en échec. Incapable d’apporter une réponse adaptée, Faé est resté prisonnier de son plan initial. Malgré quelques fulgurances, souvent mal exploitées, le jeu ivoirien s’est résumé à une succession de passes latérales, avec un rythme d’exécution désespérément lent. Seul le jeune Christ Inao a tenté d’apporter du dynamisme vers l’avant.

Des changements tardifs

Les limites du banc ivoirien sont apparues au grand jour dans la gestion des remplacements. Le premier changement n’intervient qu’à la 70e minute, avec l’entrée de Jean-Philippe Krasso à la place d’un Franck Kessié transparent. Dix minutes plus tard, Vakoun Bayo fait son apparition.

Mais alors que l’urgence imposait une réaction forte, Emerse Faé attendra la 88e minute pour lancer Séko Fofana et Bazoumana Touré. Un choix difficilement compréhensible pour une équipe menée en quart de finale de CAN, face à un adversaire aussi expérimenté que l’Égypte.

Un véritable révélateur

Si les Éléphants avaient jusque-là séduit par la qualité de leurs individualités, le choc face à l’Égypte a servi de révélateur. Dans le sillage du capitaine Franck Kessié, plusieurs cadres ont montré leurs limites : Yann Diomandé, Odilon Kossonou ou encore le portier Yahia Fofana.

À 19 ans, l’attaquant du RB Leipzig a trop souvent cédé à l’individualisme, se heurtant à des prises à deux ou trois parfaitement orchestrées par la défense égyptienne. Fautif sur le premier but, Kessié n’a jamais eu l’impact attendu, ni offensivement ni défensivement. Même constat pour Ibrahim Sangaré, contraignant Christ Inao à multiplier les efforts.

En défense, Odilon Kossonou a été moins impérial qu’à l’accoutumée, se manquant sur l’action de l’ouverture du score. Le latéral gauche Ghislain a alterné le bon et le moins bon, notamment sur son intervention manquée face à Mohamed Salah avant le troisième but. Quant à Yahia Fofana, il s’est incliné à trois reprises sur les quatre tirs cadrés des septuples champions d’Afrique.

Du travail avant le Mondial

La seule note positive reste la capacité de réaction mentale des Éléphants, malgré deux buts encaissés en moins d’une demi-heure. Le groupe n’a jamais sombré. « La satisfaction, c’est qu’on a senti un groupe soudé, avec des joueurs qui avaient envie de jouer et de se battre ensemble », a souligné Emerse Faé en conférence de presse.

Mais la réalité est là : cette défaite face à l’Égypte mesure l’ampleur du chantier qui attend la sélection ivoirienne en vue du Mondial nord-américain. Tactiquement comme individuellement, le travail est immense.

Dès la fenêtre FIFA de mars, la seule avant le grand rendez-vous de juin aux États-Unis, au Canada et au Mexique, les Éléphants devront tirer les enseignements de cet échec. Si une nouvelle génération a bel et bien germé au Maroc, encore faut-il désormais l’entretenir, pour que les promesses d’aujourd’hui deviennent les performances de demain.

Martial Galé

Lemandatexpress.net

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