PDCI/ Face à la grogne persistante : En pleine noyade, Thiam demande pardon… Les 18 députés disent NIET !

Tentative de reprendre la main. Hors du pays depuis plus de neuf mois, Tidjane Thiam, qui fait face à une rude fronde, veut rassurer ceux qui, au PDCI, lui restent encore fidèles. Ce qui explique sa sortie, samedi 24 janvier 2026. De fait, ses appels, de loin étant devenus presque inaudibles, et face à la montée en puissance de l’offensive des pro-Bédié, qui agissent désormais à visage découvert, Thiam veut apaiser et rassurer les militants.

« Dans l’odyssée de notre Nation, il est des moments où l’absence d’un leader peut sembler être un obstacle insurmontable, un écueil qui menace de faire échouer la marche de notre espoir », reconnaît-il, avant de justifier sa longue absence de la Maison du parti à Cocody.

« Je vous le dis, chers frères et sœurs, mon absence de la scène politique actuelle n’est qu’une étape, un détour provisoire dans le chemin que nous avons tracé ensemble », se console le président du PDCI, qui, en dépit de son affaiblissement croissant, tranquillise ses affidés. « Mon absence ne signifie pas que notre parti est affaibli, ni que notre combat est perdu.

Au contraire, elle est l’occasion pour nous de nous mobiliser davantage, de nous rassembler autour de nos valeurs communes, de nos idéaux de justice, de liberté et de prospérité », calme-t-il les militants en proie au doute sur sa gestion de plus en plus décriée en interne.

« (…) Je vous appelle donc à rester mobilisés, à rester debout et à continuer à travailler pour que nous puissions être au sommet de l’État dans les années à venir. Je vous appelle à vous rassembler autour de notre parti, à vous engager dans la lutte pour notre pays, à être les artisans de notre propre destin », exhorte Tidjane Thiam. Appel tardif ? En tout cas, la grogne monte au PDCI.

Elle s’est accentuée ces derniers jours, après son choix de président du groupe parlementaire PDCI à l’Assemblée nationale. Plus de la moitié des 32 élus récusent son option.

Au-devant de ce front de refus, les députés-maires de Cocody, Plateau et Port-Bouët, Jean-Marc Yacé, Jacques Gabriel Ehouo et Sylvestre Emmou sont en réalité la face visible de nombreux membres des instances de ce parti, dont le Bureau politique, qui œuvrent pour un changement de la direction du PDCI. Et cette dernière sortie de Tidjane Thiam sonne comme une prise de conscience du danger qui le guette. Cela dit, les pro-Bédié sont toujours à l’offensive.

À en croire des sources, les réunions se sont succédé ce week-end. Objectif non dissimulé : affiner les stratégies de prise de pouvoir au PDCI. Dans ce sens, ils auraient réussi à rallier dix-huit députés PDCI à leur cause et envisageraient sérieusement la possibilité de créer un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale pour contester les choix de Tidjane Thiam.

Visiblement débordé par cette offensive inattendue et surtout par la détermination des députés frondeurs, Tidjane Thiam essaie de faire baisser la tension. Conscient de ses erreurs, il demande pardon. Mais difficile de trouver des interlocuteurs crédibles à part quelques doyens qui n’ont vraiment plus les leviers en mains. Certains députés refuseraient même de lui répondre directement au téléphone.

D’où son message de fin de semaine dernière. En parallèle, il a essayé de réanimer le secrétariat exécutif qui a tenu une réunion il y a quelques jours. Mais rien ne va face à ces vents contraires qui soufflent très fort au PDCI actuellement.

Source : Le Matin

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