Réunis à Grand-Bassam pour un atelier de deux jours, les principaux acteurs du projet national d’adressage ont engagé une réflexion stratégique sur la vulgarisation et l’appropriation de l’adresse par les administrations et les populations. Cet atelier marque une étape décisive dans la mise en œuvre effective de l’un des projets structurants de l’État de Côte d’Ivoire.
Selon Alphonse N’Guessan, Directeur en charge de l’adressage au ministère de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie, le projet d’adressage d’Abidjan, entamé il y a plusieurs années après des études de faisabilité approfondies, arrive aujourd’hui à son terme. Il a permis d’identifier plus de 350 000 unités d’occupation et de dénommer plus de 14 000 voies, dont 35 boulevards, plus de 210 avenues et des milliers de rues de proximité dans les quartiers. La pose des plaques d’adressage est en cours sur l’ensemble du territoire d’Abidjan et devrait s’achever d’ici mars 2026. À ce jour, les communes du sud d’Abidjan – Port-Bouët, Koumassi, Marcory et Treichville – ainsi que Le Plateau, Adjamé, Bingerville et Attécoubé sont entièrement couvertes. Les travaux se poursuivent à Cocody, Yopougon et Anyama, où certaines zones font encore l’objet d’opérations de rattrapage confiées au BNETD.

L’extension du projet aux villes de l’intérieur en bonne voie
Au-delà d’Abidjan, le projet a déjà été finalisé à Yamoussoukro, Korhogo et Daloa, avec des commandes de plaques en cours. Le gouvernement ambitionne désormais d’étendre l’adressage à six nouvelles villes : Bouaké, San Pedro, Man, Odienné, Abengourou et Grand-Bassam, pour un investissement projeté d’environ 18 milliards de francs CFA. Le coût du projet d’adressage d’Abidjan s’élève à 12 milliards de francs CFA, financés à hauteur de 10 milliards par la Banque mondiale et 2 milliards par l’État de Côte d’Ivoire. Fort de l’expérience acquise, le processus est désormais plus rapide et plus efficace dans les villes de l’intérieur, où les enquêtes ont été menées en un an seulement par des équipes essentiellement locales.
Pour Paul Kangah, Coordonnateur adjoint du PACOGA (Projet d’Intégration Port-Ville du Grand Abidjan), l’adressage constitue un pilier du développement harmonieux et de la compétitivité du Grand Abidjan. Il permet aux populations de mieux se repérer, facilite l’accès aux services et renforce l’efficacité des infrastructures urbaines. L’atelier vise à éviter que l’adressage ne reste un outil purement technique. Les participants planchent notamment sur, les procédures de demande d’une nouvelle adresse ; la délivrance du certificat d’adresse ; l’intégration de l’adresse dans les procédures administratives ; le partage des données entre administrations, concessionnaires et secteur privé ; la mise à jour périodique de la base de données d’adressage ; la communication et la sensibilisation des populations.

Comprendre et savoir lire son adresse
Un accent particulier est mis sur l’apprentissage de la lecture de l’adresse. Exemple : Hôtel de Ville, 495, Boulevard de la République, 00217, Plateau. Le nombre 495 indique la distance entre l’entrée du bâtiment et l’origine de la voie, Boulevard de la République est la dénomination de la voie, 002 correspond au code du département d’Abidjan et 17 au code de la commune du Plateau. Il est important de souligner que la liste des codes de toutes les communes d’Abidjan ainsi que des départements de l’intérieur du pays est déjà connue et disponible. À l’issue de cet atelier, qui s’achève ce jeudi 29 janvier, les autorités ambitionnent de faire entrer l’adressage dans les habitudes quotidiennes des populations. L’objectif est clair : passer d’un repérage informel à une adresse officielle, fiable et universellement comprise, au service d’une administration moderne et d’un cadre de vie amélioré.
Mathias Kouamé


