Lemandatexpress -Le gouvernement ivoirien et le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) ont officiellement lancé, ce lundi à l’auditorium du ministère d’État, ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, leur Programme de Coopération 2026-2030 (CPD). Un cadre stratégique ambitieux, aligné sur le Plan National de Développement (PND) 2026-2030, qui place l’enfant, l’adolescent, la femme et le jeune au cœur des priorités nationales.
La cérémonie a réuni de hautes autorités gouvernementales, des représentants des institutions de la République, du système des Nations Unies, des partenaires techniques et financiers, de la société civile, du secteur privé ainsi que du monde académique, témoignant de l’importance stratégique de ce nouveau cycle de coopération.
Dans son allocution, Jean-François Basse, Représentant de l’UNICEF en Côte d’Ivoire, a salué l’aboutissement d’un processus inclusif de dialogue et de co-création associant ministères sectoriels, collectivités, organisations de la société civile, jeunes et adolescents.
Approuvé le 3 septembre 2025 par le Conseil d’administration de l’UNICEF, le CPD 2026-2030 traduit, selon lui, « un engagement renouvelé à garantir les droits des enfants, des adolescents, des jeunes et des femmes, en particulier les plus vulnérables, dans un environnement sûr, sain et résilient ».

Revenant sur le programme précédent (2021-2025), Jean-François Basse a mis en lumière des résultats significatifs : plus de 78 000 enfants réinsérés dans le système éducatif, une couverture vaccinale DPT3 portée à 97 %, la survie de 4 270 prématurés grâce aux soins mère-kangourou, près de 3 millions d’enfants enregistrés à l’état civil, 4,5 millions d’enfants bénéficiant chaque année de la supplémentation en vitamine A, ainsi que des avancées notables en matière d’eau potable, d’assainissement et de formation des jeunes.
Des progrès salués, mais jugés encore insuffisants au regard des défis persistants liés aux inégalités, à la pauvreté multidimensionnelle, aux violences faites aux enfants et aux effets du changement climatique.
Prenant la parole au nom du gouvernement, le Dr Souleymane Diarrassouba, ministre du Plan et du Développement, a réaffirmé la solidité du partenariat entre la Côte d’Ivoire et l’UNICEF.
Il a rappelé que le CPD constitue « un cadre stratégique majeur qui place l’enfant au cœur du développement national », en cohérence avec les Objectifs de Développement Durable (ODD).
Le ministre a souligné l’ampleur des défis actuels qui se résume à 63 % des enfants affectés par la pauvreté multidimensionnelle, 2,3 millions d’enfants hors du système scolaire, 70 % avec un accès limité à l’eau potable, 75 % victimes de violences, ou encore une faible couverture de l’état civil chez les adolescents.
Autant d’enjeux auxquels le nouveau programme entend répondre de manière intégrée et innovante.
D’un coût global estimé à 171,5 millions de dollars US, le CPD 2026-2030 prévoit des investissements majeurs dans la santé, l’eau, l’hygiène et l’assainissement (34 %), l’éducation (21,1 %), la nutrition (13,3 %), la protection de l’enfant (10,9 %) et l’inclusion des adolescents et des jeunes (8,5 %).
Il mise également sur la digitalisation des services, la mobilisation de financements innovants, la résilience climatique et le renforcement des données statistiques pour un pilotage efficace des politiques publiques. Aligné sur le PND 2026-2030, dont le coût global est estimé à 114 838,5 milliards de FCFA, ce programme se veut un levier d’accélération du développement humain.
« La véritable mesure de notre engagement résidera dans l’impact concret sur la vie des populations », a insisté le ministre, réaffirmant la volonté du gouvernement d’assurer un pilotage rigoureux, fondé sur la transparence, la redevabilité et les résultats.
À travers ce nouveau cadre de coopération, la Côte d’Ivoire et l’UNICEF entendent ainsi ne laisser aucun enfant pour compte et bâtir, ensemble, les fondations d’une nation plus solidaire, résiliente et prospère à l’horizon 2030.
Sidoine KOFFI


