Cacao : La Côte d’Ivoire frôle les 40 % de transformation et vise plus pour résister aux chocs mondiaux

Lemandatexpress – Invité sur le plateau de France 24, en marge du Salon international de l’agriculture où la Côte d’Ivoire est pays invité d’honneur, le ministre ivoirien de l’Agriculture, Bruno Koné, a mis en avant les progrès significatifs enregistrés dans la transformation locale du cacao.

Aujourd’hui, près de 40 % de la production ivoirienne est transformée sur place, un niveau inédit pour le premier producteur mondial de cacao. « C’est un bond en avant très important », a souligné le ministre, rappelant que l’objectif stratégique du gouvernement est, à terme, de traiter l’intégralité de la production nationale en Côte d’Ivoire.

Cap sur les 50 % dans les prochaines années

Selon le ministre Bruno Koné, le cap des 50 % de transformation locale pourrait être atteint dans les trois à quatre prochaines années. Une ambition qui s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer la chaîne de valeur sur le territoire national, en développant la production de beurre, de pâte et surtout de chocolat made in Côte d’Ivoire.

Au Salon de l’agriculture à Paris, les visiteurs peuvent d’ailleurs découvrir le chocolat ivoirien, produit localement et exporté vers plusieurs marchés internationaux. Le ministre a vanté un cacao « de qualité exceptionnelle », issu d’une production en grande partie biologique.

Au-delà de la performance industrielle, cette montée en puissance de la transformation locale répond à un impératif stratégique : réduire la vulnérabilité du pays face aux crises mondiales du cacao.

Il faut rappeler que ces dernières années, le secteur a été marqué par de fortes fluctuations des prix, des tensions sur l’offre liées aux aléas climatiques et des exigences accrues en matière de traçabilité et de durabilité. En transformant davantage sur place, la Côte d’Ivoire capte une plus grande part de la valeur ajoutée, limite sa dépendance aux exportations de fèves brutes et consolide ses recettes.

Cette stratégie permet également de créer des emplois industriels, de stimuler l’investissement local et d’asseoir un savoir-faire national dans l’agro-industrie.

Premier producteur mondial, la Côte d’Ivoire entend désormais peser non seulement par ses volumes, mais aussi par sa capacité à transformer et commercialiser des produits finis.

L’objectif affiché est clair : faire du cacao non plus seulement une matière première d’exportation, mais un levier de souveraineté économique et de résilience face aux turbulences du marché mondial.
Avec près de 40 % de transformation atteints et une trajectoire fixée au-delà de 50 %, la Côte d’Ivoire semble déterminée à changer durablement la donne dans la filière cacao.

Abran Saliho

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