Lemandatexpress – Dans le sillage de la radiation de Tidjane Thiam de la liste électorale, le député-maire de Tiassalé, Assalé Tiémoko, s’est exprimé publiquement, appelant au respect des institutions et à une lecture apaisée du débat juridique.
Le député maire de Tiassalé reconnait, à la lumière de la loi, que l’Ivoirien majeur qui, de façon consciente, accepte une autre nationalité autre que celle de la Côte d’Ivoire, perd automatiquement la nationalité ivoirienne. Toutefois, Assalé Tiémoko insiste sur le fait que la situation de Thiam relève d’un cas inédit dans le cadre d’une élection présidentielle, ce qui justifie le débat national en cours.
Il appelle néanmoins à ne pas s’enliser dans une polémique inutile : « Peut-être qu’on ne devrait pas gaspiller autant d’énergie sur cette question, à partir du moment où ceux qui décident en dernier ressort, c’est le Conseil constitutionnel. Il faut le laisser faire son travail. »
Revenant aux conditions d’éligibilité, le journaliste rappelle que la loi exige une nationalité ivoirienne exclusive pour briguer la magistrature suprême. À ce titre, il estime que Tidjane Thiam, malgré sa radiation de la liste électorale par une décision de justice, peut toujours espérer candidater au scrutin présidentiel. « Celui qui a une autre nationalité doit y renoncer avant de déposer sa candidature. Jusqu’à preuve du contraire, M. Thiam n’est pas forclos. Il n’y a aucun texte qui l’empêche d’être candidat, s’il renonce effectivement à la nationalité française et que cela est reconnu », opine Assalé Tiémoko.
Pour lui, ce débat détourne l’attention des vraies préoccupations des citoyens. « Ce débat est en train de devenir l’arbre qui cache la forêt. Le vrai problème, ce sont les conditions de vie des Ivoiriens. Moi je veux qu’on ramène l’église et la mosquée au cœur du village, qu’on pose les vrais problèmes, et qu’on en débatte. »
Enfin, il conclut en dénonçant une certaine superficialité dans les prises de position sur des questions aussi sensibles : « Nous perdons du temps sur des questions juridiques, alors que très souvent, beaucoup de ceux qui en parlent n’ont pas le talent de leur ambition. »
Il est clair que cette déclaration du président d’ADCI ne manquera pas de susciter des réactions tant du côté de l’opposition que de la majorité présidentielle.
Martial Galé


