Pr Dagbo Godé tacle Laurent Gbagbo : « Le temps est venu pour qu’il puisse faire la promotion de Oulaye Hubert, Ahoua Don Mello, Koné Katinan… »

Lemandatexpress – Dans un entretien qu’il a accordé au confrère L’Inter, Pr Pierre Dagbo Godé, ancien vice-président du FPI, a évoqué l’alternance au sein du PPA-CI, le nouveau Parti de Laurent Gbagbo. En gros, face aux problèmes juridiques qui pèsent sur leurs leaders respectifs, il invite les formations de l’opposition, notamment le PDCI-RDA, à s’orienter vers d’autres options.

L’avocat et ancien cadre du FPI soutient mordicus que le patron du PPA-CI a un devoir de mémoire vis-à-vis de ses partisans. Aussi revient-il sur la profession de foi du Woody de Mama disant qu’à un certains âge, on ne peut plus diriger un pays.

C’est pourquoi, à l’approche des élections présidentielles et alors que Laurent Gbagbo est toujours frappé d’inéligibilité, Pr Dagbo lui enjoint de s’effacer au profit d’autres compétences de son parti.

« Le président Gbagbo avait dit que lorsqu’on a 75 ans, on ne peut plus diriger un pays. Aujourd’hui, il a plus de 75 ans. Pour nous, le temps est venu pour qu’il puisse faire la promotion de cadres comme Oulaye Hubert Ahoua Don Mello, Koné Katinan, à même de relever le défi », préconise l’avocat.

Pour Pr Dagbo, il s’agit de rappeler la pratique de la démocratie qui, selon lui, n’est pas seulement électoraliste ou électoral. « La démocratie aussi, ce sont des vertus. Il y a une éthique de la responsabilité, y a la morale politique », martèle-t-il en affirmant qu’il reste constant dans son jugement quoique cela puisse susciter diverses interprétations.

Dans la même veine, l’homme de droit, qui dit déplorer la tension ambiante à l’approche des élections, propose la même approche alternative au PDCI-RDA dont le président, Tidjane Thiam, se trouve radié de la liste électorale, et à l’ensemble des partis et mouvements politiques d’opposition.

Sans rentrer dans les débats sur l’éligibilité de tel ou leader, il plaide pour la flexibilité dans les choix des candidats. « Pour nous, dit-il, si les faits sont prouvés que certaines personnes ne peuvent pas être éligibles, il faudra qu’elles mettent en place un plan B. Comme l’ont fait les Sénégalais (avec Ousmane Sonko et Diomaye Faye), pour donner une chance à la Côte d’Ivoire, parce que rien ne peut se construire dans la violence et dans le désordre. Tout est possible dans la paix».

Alors, à l’endroit de la classe politique, il a adressé le message suivant : « Les partis politiques doivent jouer la carte de l’organisation, la carte de la substitution, au cas où, comme on le fait en football, quand un joueur est défaillant, on place un autre, souvent de même niveau. Nos partis politiques ont suffisamment de cadres pour jouer un rôle politique. » Reste à savoir si les personnes visées l’entendrons de cette oreille.

Martial Galé

Lemandatexpress.net

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