Procès contre le PDCI-RDA – Valérie Yapo, cash: « Thiam a reconnu que j’avais raison et il a démissionné »

Lemandatexpress – À la suite du verdict du tribunal qui l’opposait à la direction du PDCI-RDA, Valérie Yapo, militante active et membre du bureau politique du parti, s’est exprimée avec fermeté et satisfaction. Selon elle, le départ de Tidjane Thiam de la tête du parti n’est rien d’autre qu’une confirmation de la légitimité de son combat pour le respect des textes fondamentaux du PDCI.

« Déjà, en démissionnant, il me donne raison », a lancé Valérie Yapo, affirmant que le jugement du tribunal a validé l’illégalité de son exclusion du PDCI. « La juge a dit que j’avais raison sur tous les points. J’ai été exclue illégalement du parti », insiste-t-elle, mettant en cause le leadership de Tidjane Thiam au moment des faits.

Selon Mme Yapo, la démission de Thiam est une reconnaissance implicite de ses torts. « C’est une démission aveugle. C’est-à-dire que Valérie a raison, donc je suis obligé de partir pour revenir », affirme-t-elle. Pour elle, cette décision est une victoire personnelle : « J’ai réussi à faire démissionner le président. C’est que j’avais raison. »

La question de la nationalité

Sans remettre en cause la citoyenneté de Tidjane Thiam, Valérie Yapo soulève un point juridique central : au moment de son élection à la présidence du PDCI-RDA, en décembre 2023, il était encore de nationalité française. « Je ne contestais jamais sa nationalité. Mais je dis qu’à ce moment-là, il était français. Ce n’était pas faux. Et en tant que tel, il n’avait pas qualité pour gérer un parti politique national ou pour me sanctionner », explique-t-elle.

Madame Yapo précise que seule une instance comme le congrès est habilitée à suspendre ou radier un membre élu du bureau politique. En l’excluant sans respecter cette procédure, la direction avait donc, selon elle, enfreint les statuts du parti.

Un sentiment de justice…

Si elle exprime sa satisfaction quant à sa réintégration par la justice, Valérie Yapo n’en oublie pas pour autant le contexte difficile de son exclusion. Elle déplore le silence de Tidjane Thiam face aux attaques personnelles dont elle aurait été victime : « Quand le vice-président me diffame en conférence de presse, il n’a pas condamné. Même face aux attaques des cyberactivistes, il n’a rien dit. »

Quant à l’avenir, elle reste prudente : « Je ne sais pas encore ce qui va suivre. Il y a eu beaucoup de mensonges dans cette affaire, comme l’a dit mon avocat. Mais c’est déjà une grande satisfaction pour moi. »

Cette décision judiciaire marque un tournant pour le PDCI-RDA, un parti qui traverse depuis plusieurs mois une zone de turbulences internes. Si certains y verront une crise de leadership, d’autres salueront la victoire d’un principe fondamental : le respect des textes et de la démocratie interne.

Pour Valérie Yapo, cette affaire dépasse sa seule personne : elle pose les bases d’une exigence de rigueur statutaire, à l’heure où le parti tente de se repositionner dans le paysage politique ivoirien.

Rappelons que lors du procès du jeudi 22 mai, la juge a ordonné la réintégration de Dame Valérie Yapo au sein du Bureau politique tout en legimitimant le pouvoir de Tidjane Thiam à la tête du PDCI-RDA. Sur le dernier point, le Tribunal a pris en considération la démission du président du parti doyen (11 mai), qui a été ensuite réélu le 14 mai….conformément aux textes en vigueur.

M.Galé

Lemandatexpress.net

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