Marche de l’opposition à Abidjan : tensions, arrestations et climat politique sous pression

Lemandatexpres – Malgré l’interdiction préfectorale, les partisans de la coalition PDCI–PPA-CI ont bravé la mesure d’interdiction de la marche par le préfet d’Abidjan. Ce qui , donné lieu à plusieurs heurts avec les forces de l’ordre et à environ 237 arrestations, selon des sources concordantes.

Dès les premières heures de la matinée, un important dispositif sécuritaire a été déployé dans plusieurs quartiers de la capitale économique, notamment à Cocody, où des groupes de manifestants ont tenté de se rassembler. Au village de Blockhauss, des détonations ont été entendues et des courses-poursuites ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre. « On a entendu plusieurs détonations, les gens se sont mis à courir dans tous les sens », rapporte un habitant joint par téléphone.

Aux carrefours La Vie et Saint-Jean, la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) et la gendarmerie nationale ont occupé les principaux points de convergence annoncés par les organisateurs. Des barrages filtrants ont été installés, paralysant partiellement la circulation dans plusieurs secteurs de la commune.

Les journalistes n’ont pas été épargnés : certains ont été empêchés d’accéder au village de Blockhauss, molestés ou contraints de quitter les lieux. Des habitants du quartier ont également témoigné de restrictions de mouvement. « On nous empêche de rentrer chez nous. Je reviens du travail et je ne peux pas rentrer chez moi », a déploré Yves Kouakou, habitant du village.

Le Front commun PDCI–PPA-CI, initiateur de la manifestation, entendait protester contre ce qu’il qualifie de « dérive autoritaire » du régime et dénoncer des conditions électorales jugées inéquitables. Malgré l’arrêté d’interdiction publié la veille, les organisateurs avaient maintenu leur appel à manifester pacifiquement pour défendre, disent-ils, les libertés publiques et l’alternance démocratique.

En face, les autorités préfectorales ont justifié leur décision par des risques de troubles à l’ordre public.

À la mi-journée, la tension restait palpable dans plusieurs quartiers de Cocody, même si un calme précaire semblait revenir. Aucun bilan officiel n’avait encore été communiqué concernant d’éventuels blessés.

Cette journée de mobilisation avortée illustre une nouvelle fois la crispation du climat politique à deux semaines du premier tour de la présidentielle prévu le 25 octobre 2025, dans un contexte de forte polarisation entre pouvoir et opposition.

Izou Dine

lemandatexpress.net

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