Lemandatexpress – Il parle sans détour. De ses débuts au PDCI à son engagement au RHDP depuis 2018, Hervé Atta revendique la continuité. Dans cet entretien, ce militant politique de 49 ans livre sa lecture du jeu politique ivoirien, assume ses choix et se projette déjà vers les prochaines échéances.
Militant du PDCI à partir de 1999 sous le président Bédié, vous avez basculé au RHDP en 2018. Pourquoi ce choix ?
J’ai fait ce choix parce que je m’inscris dans la durée. Et la politique, c’est la saine appréciation des réalités du moment. Sous le président Bédié, le PDCI n’a pas pu avoir des territoires. Or, à un moment donné, le RHDP a été un parti qui regorgeait de quatre voire cinq autres partis. C’est un parti qui a pris de l’embonpoint. Et moi je m’inscris dans la durée. J’ai commencé à militer au PDCI en 1999. Mais si je passe à la télé aujourd’hui, d’aucuns diront : voici un nouveau. Je ne suis pas un nouveau. Les initiés me connaissent. Les Dah Sansan, Abonouan Louis, qui vient d’être député-maire, PCA de l’ONEP, me connaissent. Il y a longtemps que je suis là-dans le milieu politique. Mais je suis RHDP depuis 2018.
Quel est votre ressenti après sept ans de militantisme au sein du parti présidentiel ?
En tant que militant, en tant qu’homme politique, je dirai que beaucoup de choses ont été faites. Parce que le président Ouattara c’est un bâtisseur. Il fait partie de ceux qui ont le sang d’Houphouët-Boigny. Vous n’avez qu’à voir aujourd’hui ce qui se passe à Abidjan, en Côte d’Ivoire. C’est un bâtisseur. Mais en même temps on est en politique. On ne fait pas la passe à l’adversaire. Les initiés sauront de quoi je parle. Nous serons au pouvoir jusqu’en 2030 au moins.
Ça se voit que vous ne regrettez pas votre choix…
Je ne regrette pas. Parce qu’en politique il faut assumer ses choix. J’étais au PDCI, j’étais membre du grand conseil alors que je méritais d’être membre du bureau politique. Après 26 ans dans le parti, je méritais d’être dans le bureau politique. Et je méritais au moins d’être chef de cabinet à l’époque du groupement politique RHDP, vu mes qualifications.
Vous étiez membre du mouvement de jeunesse active. À ce jour, quel rôle occupez-vous dans ce mouvement?
Les mouvements, à un moment donné, se créent et se métamorphosent. Aujourd’hui, à 49 ans, alors que Serge Kacou ( le président) a 42 ans, je ne peux plus appartenir à ce genre de mouvement. Aujourd’hui, je suis dans le mouvement Ewan ADO de l’honorable Abonuan-Louis, un ainé, qui a autour de 54-55 ans. Ça veut dire qu’aujourd’hui, je vise mieux. Mais tout ça, c’est la famille RHDP.
Aux dernières élections législatives, le RHDP a raflé 197 sièges sur 255. Quel regard portez-vous sur le résultat du parti
Le président Ouattara n’a pas d’adversaire. C’est un champion, il pèse. Aujourd’hui, c’est notre Houphouët-Boigny. Les uns sont devenus un peu comme Laurent Gbagbo dans les années 1990, quand il est arrivé. Les autres, c’est l’espoir. Lorsque Ouattara quittera le RHDP, on verra ce qui va se passer. Sinon, pour l’instant, il n’a pas d’adversaire. Et le RHDP a consolidé ses bases, a eu même quelques nouvelles bases. C’est ça un grand parti.
M’Batto, votre ville natale, n’a pas été touchée par cette vague orange. C’est un indépendant, qui a délogé Madame Aka Véronique née Bra Kanon. Comment expliquez-vous cet échec ?
D’abord, notre région, c’était la boucle du cacao. Qui parle de la boucle du cacao, parle du miracle ivoirien. Notre région était d’abord PDCI. Ensuite, à un moment donné, elle a été PPA-CI. C’est-à-dire FPI version Laurent Gbagbo. Donc il était difficile d’installer le RHDP. Mais le haut fonctionnaire Ahoua N’doli Théophile a fait ce qu’il pouvait. Et j’ai une de mes tantes, qui s’appelle Asséké Yaba, qui est aujourd’hui sénatrice. C’est en train de venir. Mais moi, je suis en train de vous dire qu’en 2030, je prendrai un siège de député en M’Batto. Parce que la chute de Mme Bra Kanon, c’est la fin d’un cycle. Après avoir été plus de trois fois députée, à un moment donné, il faut s’arrêter. Le peuple a besoin d’un nouveau souffle.
Qu’est-ce qui guide votre ambition de parlementaire ?
Aujourd’hui, on a besoin de gens qui ont une mâchoire avec des dents. Souvent, je me marre, lorsque je regarde la télé, je vois des députés qui ne parlent jamais, et qui font 5 ans. Et après, ils renouvellent 5 ans. Ce n’est pas ce que j’appelle un député. Un député, c’est un homme qui a une mâchoire avec des dents. Je vois un peu mon aîné, Bredoumi Soumaïla. Je vois un peu l’ex-député de Tiassalé, c’est ça que j’appelle un député. Et donc en 2030, quand je serai député, on verra ce que c’est qu’un député avec M. Hervé Atta.
Realisé par Martial Galé


