Lemandatexpress – Le président du Renouveau démocratique, Lamoussa Djinko, a renoué, ce mercredi 11 février 2026, avec l’exercice des conférences thématiques. Cette nouvelle rencontre avec la presse était consacrée à l’économie agricole de la Côte d’Ivoire, avec un accent particulier sur la crise que traverse actuellement la filière cacao.
Avec son regard de financier, Lamoussa Djinko a dressé un diagnostic sans complaisance du modèle économique agricole ivoirien hérité de l’indépendance. Il a notamment jugé excessif le poids de l’agriculture dans le Produit intérieur brut (PIB), estimé entre 18 et 20 %. Une situation qu’il considère comme un frein majeur à l’essor économique du pays.
« Aucun pays développé ne repose durablement sur un tel modèle », a-t-il fait observer. Et d’avertir : « Si les paysans cessent de produire le cacao et le café, la Côte d’Ivoire sera à genoux », plaidant ainsi pour une économie industrialisée, moins dépendante des matières premières.
Abordant la crise actuelle du cacao, l’homme politique a dénoncé la forte fluctuation des prix ainsi que les retards récurrents dans le paiement des producteurs. Selon lui, dans plusieurs localités, l’or brun se négocie en dessous du prix bord-champ officiel fixé à 2 800 FCFA pour la campagne principale 2025-2026. Une situation qu’il attribue à la baisse des cours mondiaux, mais aussi à l’émergence d’un marché parallèle.
Pour Lamoussa Djinko, les producteurs, pourtant piliers de la chaîne de valeur, demeurent les grands oubliés d’un système économique qui, selon lui, profite davantage aux intermédiaires. Il appelle donc à des réformes structurelles profondes, axées sur la protection des paysans, l’industrialisation de l’économie et le renforcement de la démocratie, qu’il présente comme les priorités fondamentales du Renouveau démocratique.
M. Djinko estime qu’il est impératif pour la Côte d’Ivoire de changer de modèle de développement afin de sortir durablement du sous-développement. Aussi, le président du parti a formulé plusieurs propositions. À court terme, il préconise la stabilisation du prix du cacao, le paiement immédiat des producteurs et un contrôle renforcé de la filière.
À moyen et long termes, Lamoussa Djinko suggère la création d’une caisse de stabilisation moderne, un accès facilité au crédit, la mécanisation accrue de l’agriculture, la réduction progressive du poids du secteur agricole dans le PIB, ainsi que le développement d’une véritable industrie ivoirienne du chocolat à forte valeur ajoutée.
C’est à ce titre que, dit-il, la Côte d’Ivoire, premier pays producteur de cacao, pourrait garantir un mieux-être aux producteurs. Et surtout avoir une voix au chapitre lors de la fixation des prix sur le marché mondial.
Pour Lamoussa Djinko et le Renouveau démocratique, la crise du cacao n’est pas seulement une affaire de prix ou de marchés : elle est le miroir d’un choix de société. Entre dépendance et souveraineté, la Côte d’Ivoire se trouve, selon eux, à un tournant décisif de son histoire économique.
Martial Galé


